| Histoire Le périple tragique des 927 Espagnols d’Angoulême à Mauthausen… et Irun En 1939, dans le cadre de l’exode en France des Républicains espagnols à la fin de la guerre civile, les autorités françaises rassemblent les exilés dans des camps. Un certain nombre d’entre eux sont placés dans le camp de Ruelle (à 7 km d’Angoulême). Lorsque la guerre avec l’Allemagne éclate, ils sont transférés au centre d’internement des Alliers à Angoulême. La population concentrée est composée de civils (hommes, femmes, enfants). Des familles se regroupent.Le 8 août 1940, le préfet de la Charente émet un avis à la population où il informe qu’un guet-apens a été tendu contre un soldat allemand. L’armée d’occupation était entrée à Angoulême au mois de juin. Le 20 août, des soldats et des policiers détiennent 927 Espagnols et les conduisent dans les wagons d’un train de marchandises. Partis sans rien supposer de la destination de leur voyage, les prisonniers arrivent quatre jours plus tard à la gare de Mauthausen. Là, les SS sélectionnent 470 hommes et jeunes hommes aussitôt conduits au camp d’extermination. Seulement une centaine en réchapperont. Les plus jeunes (entre 13 et 17 ans) formeront à Mauthausen “le commando Poschacher” du nom de l’entreprise du village où ils se rendaient chaque jour pour travailler. Grâce à eux, les clichés (documents à charge lors du procès de Nuremberg) volés au laboratoire des SS par les membres de la résistance espagnole du camp ont pu être cachés chez Madame Pointner, résistante autrichienne, jusqu’à la libération, le 5 mai 1945. Le convoi continue son voyage avec les occupants non sélectionnés. Il retourne en France et il prend le chemin de la frontière espagnole. Les femmes et les enfants sont livrés en gare d’Irun à la police franquiste. Qui avait ordonné la déportation de ces familles ? Nous n’avons pas à ce jour la réponse. Un périple concerté entre la France, l’Allemagne et l’Espagne à la date d’août 1940 soulève des interrogations historiques importantes. |